Quand l’esprit guérit le corps

À chaque blessure légère, une petite coupure par exemple, nous constatons la capacité d’auto-guérison de notre corps. Mais cette aptitude se manifeste-t-elle dans des cas plus sérieux ? La médecine occidentale actuelle, axée sur la haute technologie et les traitements chimiques, semble faire peu de cas des solutions aussi simples et naturelles qu’un dialogue avec le patient. Certains praticiens, persuadés de l’importance et de l’efficacité de la collaboration avec le « médecin intérieur » présent en chacun de nous, développent des méthodes d’accompagnement originales. Quelles que soient leurs différences théoriques ou pratiques, ces approches encouragent le patient à explorer sa propre voie de guérison. Au-delà du profit personnel que chacun peut en tirer, l’ensemble de la société a tout à y gagner, en maîtrisant mieux le coût du système d’assurance maladie.

vidéo de la superbe émission d’Arte

La porte des croyances

Dans nos vies nous réalisons des choses quotidiennes de plusieurs ordres que je classifie en deux catégories.

-Les choses que l’on fait pour les autres.

-Les choses que l’on fait pour soi même.

Parfois on peut faire pour les autres en faisant pour soi même. « Ca me fait du bien de faire plaisir aux autres ».

Typiquement dans les comportements alimentaires on va aussi retrouver ces deux catégories. Et donc se poser la question suivante : est-ce pour moi ou pour les autres que je mange ?

Par exemple, vous êtes invité à dîner chez des amis, vous ne mangez pas forcement par faim, mais vous savez que cela fait plaisir que vous fassiez honneur aux plats. Votre culture vous pousse même à croire que de refuser de vous resservir, d’en laisser dans votre assiette etc. pourrait être vexant, offensant pour celle ou celui qui vous a invité. Depuis tout petit déjà vous avez été formaté à finir votre assiette et à accepter tout ce qu’on vous donne pour être poli. Une façon de se tenir bien à table.

Ici nous sommes bien loin des régimes, et notre comportement n’est donc pas lié uniquement à la nutrition mais bel et bien à nos croyances, nos valeurs. C’est notre carte du monde à nous. Et je n’échappe pas à la règle.

Avec cet exemple on comprend mieux pourquoi il manque l’essentiel dans les régimes quel qu’ils soient.

Changer de comportement alimentaire implique de modifier des croyances qui peuvent être très fortement ancrées en nous.

Sans vraiment le savoir s’engage une lutte à l’intérieur de nous.  D’un côté une personne qui garde sa ligne de conduite (éducation, culture), de l’autre une qui remet en cause des années de culture et de croyance. Le combat devient rapidement inégal, c’est David contre Goliath. Le pot de terre contre le pot de fer.

La question devient : suis-je capable de lutter contre ma propre culture pour quelques kilos ? Difficile n’est-ce pas ?

Maintenant, si je prends  l’exemple de celui qui mange pour lui et qui veut perdre du poids. Il y a des chances que ce soit une des choses, voire la seule qu’il fait véritablement pour lui. Un truc à lui tout seul, un truc que personne ne peux lui enlever. Son bastion, sa tour d’ivoire. Pour celui-ci, juste le mot régime est ressenti comme une menace, comme une attaque. Faire un régime c’est prendre d’assaut sont truc à lui. D’un côté il sait que son obésité, son surpoids, appelez  le comme vous voulez doit disparaître. De l’autre il sait aussi qu’il va perdre son bastion, sa forteresse, peut-être même LA SEULE CHOSE QU’IL FAIT POUR LUI.

Ici on retrouve une lutte inconsciente semblable à la précédente. Sacrifier un édifice, contre quelques kilos ? Idem pour le pot de terre contre le pot de fer.

Ces deux exemples démontrent bien que le changement de comportement alimentaire doit passer impérativement par une modification des croyances solidement ancrées.  Ces deux exemples démontrent bien pourquoi dans notre système d’activation de l’action (post du 17/10/2011) notre cerveau emprunte un choix d’action requis par un danger.

A ce stade on comprend réellement qu’il faut changer nos croyances avant de modifier nos comportements alimentaires

Dans un prochain post, je vous donnerais des pistes pour pouvoir le faire.

Obésité : contrôle neuro-comportemental plutôt que privation !

Encore aujourd’hui, l’obésité va de pair avec la notion de capacité personnelle à choisir des aliments sains et des portions restant dans un cadre alimentaire compatible avec la perte de poids. Une nouvelle étude en médecine préventive menée par des spécialistes du comportement du Rush University Medical Center recommande désormais une approche neuro-comportementale qui permet au cerveau de contrôler le comportement alimentaire, en réponse à des stimuli de l’environnement.

En général, les patients en surpoids et obèses reçoivent des conseils de privation sur les contraintes à respecter pour perdre du poids et sont simplement encouragés à lutter contre l’envie puissante de manger les aliments délicieux disponibles autour d’eux. Or, nous savons que cette approche ne fonctionne que rarement, même sur les plus motivés ! De plus, l’idée que le surpoids et l’obésité sont liés à des choix personnels ou à un manque de volonté, stigmatise encore plus les patients et finit par les démotiver.

Ce nouveau modèle pose un cadre scientifique qui décrit comment les choix personnels sont affectés par des facteurs biologiques et environnementaux. Ainsi, 3 processus neurologiques sont impliqués dans l’obésité et l’hyperphagie : récompense alimentaire, contrôle de l’inhibition et actualisation du temps.

Le processus de récompense alimentaire est médiatisé par une voie nerveuse dans le cerveau (le système dopaminergique mésolimbique) qui inclut à la fois l’expérience du plaisir et la motivation pour obtenir et consommer des aliments agréables au goût. Les personnes qui ont une plus grande sensibilité à la récompense ont des envies plus fortes d’aliments sucrés et gras, provocant la vulnérabilité à la suralimentation et au gain de poids.

Le contrôle de l’inhibition qui permet au-delà de l’intensité des envies de nourriture, de contrôler son comportement en dépit d’une forte motivation à manger est médiatisée par le cortex préfrontal du cerveau – zone critique pour la maîtrise de soi, la planification et l’orientation du comportement. Cette région du cerveau s’active lorsqu’il s’agit de choisir des aliments sains plutôt que tentants.

La capacité de se projeter dans le temps – évaluation du bénéfice futur – est le 3e facteur qui réduit probablement les taux de succès des interventions diététiques contre l’obésité. Le plaisir immédiat de manger a un poids plus important sur la prise de décision que les bénéfices d’une perte de poids future. Cette projection temporelle est régie par les mêmes régions du cerveau associées à la récompense alimentaire et au contrôle de l’inhibition.

Il devient donc plus efficace d’aider les patients à contrôler leur poids grâce à des stratégies axées sur l’interaction entre le cerveau et l’environnement, plutôt que par une approche traditionnelle de privation.

(Pr. Brad Appelhans and Al. – Journal of the American Dietetic Association)

Notre premier frein au changement

L’inconscient

Notre inconscient à trois fonctions principales qui sont les mêmes chez chacun d’entre nous. A chaque instant de notre existence, tout passe par ces trois filtres, et toujours dans le même ordre.

La protection, le plaisir, la facilité

 La protection.

            C’est le premier filtre. Celui qui un peu comme un principe de précaution va refuser toute nouveauté, ne sachant pas si ce qui va venir sera dangereux ou pas.

            Ce filtre de sécurité n’ouvrira ses portes qu’après avoir été rassuré. Vous pouvez remarquez que dans l’ensemble des situations diverses et nouvelles qui se présente à vous, les premières questions que vous vous poser vont toujours dans le sens d’avoir une réponse rassurante.

 Exemple : vous marchez tranquillement dans la rue et quelqu’un que vous ne connaissez pas s’approche de vous en vous regardant. Avant même que cette personne ouvre la bouche ou fasse le moindre geste, la première question qui se pose et surtout se ressent, c’est « est ce que je suis en danger », « qu’est ce qu’il me veut » etc. Ouf c’était juste pour savoir l’heure.

Maintenant imaginer le, la mine patibulaire, la démarche hésitante, et que vous tenez votre enfant par la main.  Vous voyez ce que je veux dire ? besoin d’être rassuré(e) ?

 Notre inconscient, s’il ne trouve pas immédiatement de réponses rassurantes va nous mettre dans une situation d’évitement. En revanche s’il est rassuré il va nous ouvrir la porte du filtre suivant qui est celui du plaisir, du confort.

 

Le plaisir

            Eh oui, puisque nous somme rassuré nous allons maintenant tout à fait inconsciemment chercher la solution la plus confortable et plaisante. Une quête de l’agréable en quelque sorte. C’est l’origine de l’Epicurisme, savoir trouver du plaisir dans le moindre rien.  Tout l’inverse de notre société de consommation.

 Exemple : Vous avez mangé plusieurs fois des araignées grillées en suivant le fameux régime du Zombie de la forêt, vous êtes rassuré c’est presque déjà une habitude, et instinctivement, inconsciemment vous allez chercher à les cuisiner différemment pour prendre plus de plaisir à les manger, ou utiliser un pic plutôt qu’une fourchette pour que ce soit plus confortable.

 Une fois que notre inconscient franchi les deux filtres précédent il « glisse » tout naturellement vers le troisième et dernier filtre, celui de la facilité

 

La facilité

            Pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple ! A elle seule cette maxime résume ce filtre. Parce que lorsque notre inconscient à fait plusieurs fois une même chose, qu’il à trouvé une solution agréable, il va maintenant chercher à la simplifier le plus possible sans altérer son confort ni augmenter son inquiétude.

 

 Quelques exemples de la vie courante.

 

Unisexe :

–       Vous aller prendre votre douche, à n’importe quelle heure, n’importe où, dans n’importe quelles conditions et là, vous reproduisez exactement les mêmes gestes. Le circuit fait par vos mains est toujours le même. Vous commencez toujours par le même endroit et vous finissez toujours au même endroit. Pourtant vous pourriez faire différemment, vous serriez tout aussi propre. Votre inconscient a identifié un parcours sûr confortable et facile. Il ne change pas. Vous pouvez même constater qu’en vous lavant, bien souvent vous pensez à autre chose.

–       Vous enfilez un pantalon, toujours la même jambe en premier etc.

Mesdames :

–       Vous vous maquillez les yeux par exemple, vous commencez toujours par le même œil, puis faite l’autre à l’identique (comme me le disait une cliente : « j’espère »). Alors pourquoi toujours commencer par le même.

Messieurs :

–       Vous vous rasez, idem, vous le faites toujours avec le même circuit, voir même si c’est de façon mécanique vous étalez la mousse, le savon, le gel, de la même façon.

En conclusion, vous comprenez pourquoi il est difficile de modifier ses comportements qu’ils soient alimentaires ou autres. Difficile ne veut pas dire impossible bien heureusement, soyez rassuré, une fois que vous avez la méthode, les changements sont instantanés.

3 grands câblages de notre cerveau

Quand on regarde de plus prés, beaucoup plus prés, on constate que notre cerveau suit des câblages bien définis qui nous font agir ou non dans chaque situation. C’est une des multiples raisons qui peuvent faire qu’à mettre en place des comportements antinomiques avec ces fonctionnements naturels soit une véritable gageure.

1 La matrice du plaisir 

C’est notre tout premier câblage.  On pourrait presque dire que nous sommes fabriqué pour cela. Imaginer un instant que vous soyez fabriqué, conçu, structuré pour être en quête perpétuelle de plaisir. Et cela, sans le savoir.

Pour notre cerveau, c’est le cas. Il cherche en permanence une récompense, et sa récompense a lui, c’est la sécrétion de dopamine. Un neurotransmetteur appelé aussi molécule du plaisir.

2 La peur

C’est notre second câblage. Pour prendre du plaisir il faut être vivant et le câble de la peur est là pour nous protéger. Si notre cerveau identifie une menace, immédiatement il provoquera chez nous une réaction.

3 L’inhibition de l’action

C’est notre troisième câblage. C’est le câblage qui nous permet de faire « le dos rond » de « laisser passer l’orage ». Il comporte deux phases, une temporaire qui nous permet parfois de sortir de situations extrêmes (ou identifiées comme telles) , et une autre, si la première dure trop longtemps  qui nous entraîne doucement vers notre destruction.

 

SOURCE DU SCHEMA:http://lecerveau.mcgill.ca/flash/a/a_03/a_03_p/a_03_p_que/a_03_p_que.html