Perte de poids: les méthodes dangereuses pour la santé ont leurs adeptes par Claudette Samson

 

Claudette Samson
Le Soleil

(Québec) Sauter des repas, prendre des laxatifs ou des pilules coupe-faim, se faire vomir… Au Québec, presque 4 personnes sur 10 ayant essayé de maintenir leur poids ou de le réduire ont eu recours à une méthode dangereuse pour leur santé à un moment ou l’autre sur une période de six mois.

L’Institut de la statistique du Québec (ISQ) a publié hier les résultats de la première enquête ayant porté sur le recours à des méthodes dites dangereuses pour le maintien ou la perte de poids. L’enquête réalisée en 2008 a porté sur la population de 15 ans et plus et fait la distinction entre le recours à des méthodes dites saines (faire de l’exercice, manger des fruits et légumes…) et d’autres dites mauvaises.

Quelque 36 % des gens ont ainsi tenté de perdre du poids ou de le maintenir d’une façon ou d’une autre.

Et de ce nombre, 37 % ont eu recours à une méthode présentant un potentiel de dangerosité pour la santé : sauter des repas, prendre des substituts de repas, des laxatifs, des pilules qui font uriner, des pilules coupe-faim, des médicaments pour maigrir prescrits par un médecin, des produits amaigrissants, commencer ou recommencer à fumer, utiliser des crèmes, des timbres ou des machines ou se faire vomir.

Plus de femmes

C’est sans surprise que l’on apprend que les femmes sont plus nombreuses que les hommes à recourir à ce type de méthodes et, parmi elles, davantage de femmes monoparentales que de femmes vivant en couple avec ou sans enfant.

L’ISQ établit aussi un lien avec le niveau de revenu. Près d’une personne sur deux du groupe étudié se considérant comme pauvre ou très pauvre a eu recours à ces méthodes contre une sur trois chez celles estimant leur revenu suffisant.

Il en va de même pour les personnes obèses, qui sont plus nombreuses à utiliser une méthode potentiellement nuisible que celles qui font de l’embonpoint ou ont un poids normal.

Enfin, il y a aussi un lien avec la détresse psychologique, celles qui ont un niveau élevé de détresse y recourant plus souvent que celles dont ce niveau est faible ou modéré (46 % contre 33 %). L’ISQ ne peut dire cependant si c’est le recours aux méthodes potentiellement nuisibles pour la santé qui explique un niveau élevé de détresse psychologique ou, à l’inverse, la détresse psychologique qui donne lieu à ces méthodes.

Les résultats de l’étude peuvent être consultés à l’adresse suivante :

http://www.stat.gouv.qc.ca/publications/sante/poids2011.htm

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *