Obésité : contrôle neuro-comportemental plutôt que privation !

Encore aujourd’hui, l’obésité va de pair avec la notion de capacité personnelle à choisir des aliments sains et des portions restant dans un cadre alimentaire compatible avec la perte de poids. Une nouvelle étude en médecine préventive menée par des spécialistes du comportement du Rush University Medical Center recommande désormais une approche neuro-comportementale qui permet au cerveau de contrôler le comportement alimentaire, en réponse à des stimuli de l’environnement.

En général, les patients en surpoids et obèses reçoivent des conseils de privation sur les contraintes à respecter pour perdre du poids et sont simplement encouragés à lutter contre l’envie puissante de manger les aliments délicieux disponibles autour d’eux. Or, nous savons que cette approche ne fonctionne que rarement, même sur les plus motivés ! De plus, l’idée que le surpoids et l’obésité sont liés à des choix personnels ou à un manque de volonté, stigmatise encore plus les patients et finit par les démotiver.

Ce nouveau modèle pose un cadre scientifique qui décrit comment les choix personnels sont affectés par des facteurs biologiques et environnementaux. Ainsi, 3 processus neurologiques sont impliqués dans l’obésité et l’hyperphagie : récompense alimentaire, contrôle de l’inhibition et actualisation du temps.

Le processus de récompense alimentaire est médiatisé par une voie nerveuse dans le cerveau (le système dopaminergique mésolimbique) qui inclut à la fois l’expérience du plaisir et la motivation pour obtenir et consommer des aliments agréables au goût. Les personnes qui ont une plus grande sensibilité à la récompense ont des envies plus fortes d’aliments sucrés et gras, provocant la vulnérabilité à la suralimentation et au gain de poids.

Le contrôle de l’inhibition qui permet au-delà de l’intensité des envies de nourriture, de contrôler son comportement en dépit d’une forte motivation à manger est médiatisée par le cortex préfrontal du cerveau – zone critique pour la maîtrise de soi, la planification et l’orientation du comportement. Cette région du cerveau s’active lorsqu’il s’agit de choisir des aliments sains plutôt que tentants.

La capacité de se projeter dans le temps – évaluation du bénéfice futur – est le 3e facteur qui réduit probablement les taux de succès des interventions diététiques contre l’obésité. Le plaisir immédiat de manger a un poids plus important sur la prise de décision que les bénéfices d’une perte de poids future. Cette projection temporelle est régie par les mêmes régions du cerveau associées à la récompense alimentaire et au contrôle de l’inhibition.

Il devient donc plus efficace d’aider les patients à contrôler leur poids grâce à des stratégies axées sur l’interaction entre le cerveau et l’environnement, plutôt que par une approche traditionnelle de privation.

(Pr. Brad Appelhans and Al. – Journal of the American Dietetic Association)

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